Et que dire de ces tourments que vous vous préparez à avoir dans les semaines qui viennent ?

De ces factures que allez fébrilement demander à vos fournisseurs, de ces travaux en cours que vous allez facturer ou chiffrer, de ces impôts et taxes que vous allez calculer, de toutes ces informations qui vont soudainement vous intéresser alors qu'elles vous indiffèrent le reste de l'année....

Que dire ?

Et bien que vous faites l'inventaire au sens littéral du terme, que vous comptez tout ce que vous possédez et tout ce que vous devez pour savoir ce qu'il vous reste et si ce reste est plus ou moins consistant que celui que vous aviez un an auparavant.

Et que pour finaliser un inventaire, il faut passer les écritures adéquates et que , par définition, les écritures qui mènent à un inventaire finalisé et correct ne sont autres que les écritures d'inventaire.

Comme je me suis déjà longuement attardé sur les OD en général et les OD d'inventaire en particulier, je vous renvoie à mes considérations passées mais le stress créé par cet inventaire annuel me parait totalement disproportionné avec le résultat qui en découle.

Vous savez déjà si votre situation s'est améliorée ou si elle s'est détériorée, vous savez déjà si vous avez pu prendre des bénéfices dans la caisse ou si ceinture vous avez dû serrer; en gros, vous savez déjà si l'aisance a été de mise ou si la rigueur s'est imposée.

Quoi qu'en dise le quidam ignorant de la comptabilité, le résultat (son sens au moins) est connu avant d'être constaté.

Et toute cette précipitation ne sert que l'angoisse des comptes à rendre (au banquier, aux impôts, aux administrateurs) à tel point qu'on pourrait penser que vous avez passé le reste de l'année à  les cacher.

Vous me direz, avec raison, que le banquier (pour ne prendre que cet exemple) n'arrête pas de vous harceler pour avoir votre "bilan" alors qu'il a tout loisir de lire les mouvements de vos comptes tout au long de l'année. A croire qu'il ne pleut qu'une fois par an, d'où cette ruée ponctuelle sur les parapluies.

Vous me direz aussi que force est de constater que toutes les caisses, RSI en tête, vous harcèlent également pour connaître ce résultat que vous semblez avoir enfanté dans leur dos.

Vous me direz également que de ce bilan dépend la déclaration de revenus et donc l'impôt du même nom et quelques autres élans généreux dont vous ferez preuve ici et là .Je vous épargne les termes de CSG, IFE, TA, FC et autres frivolités coûteuses et apparemment inutiles.

Donc, si je vous écoute, vous avez presque raison de stresser mais, en fait, vous n'êtes que le nième maillon de la chaîne du stress :

                -parce que le banquier stresse pour rendre compte au chef qui rend compte à son chef qui rend compte....

                -parce que le Trésor stresse et qu'il engendre le stress de ces représentants,

                -parce que l'Administration stresse à l'idée du stress qu'engendrera le traitement des déclarations,

                -parce qu'on a décidé démocratiquement de stresser une fois l'an pour la compta comme on a décidé de fêter le 14 Juillet.

Ca me rappelle que je ne voyais pas pourquoi tant d'agitation au moment de l'inventaire.

J'ai l'impression de m'être approché d'une ruche pour lui demander pourquoi elle bourdonnait, pas vous ?