od

Votre engouement pour les OD n’est surement pas étranger au petit côté sulfureux de certaines d’entre elles.

J’ai œuvré pour vous présenter toutes les familles d’OD, vous les décortiquer et vous éclairer sur ce thème. Mais les questions qui me sont posées laissent penser que vous connaissez ou que vous soupçonnez l’existence d’autre chose.

Eh bien oui, l’OD peut être maligne, perverse ou carrément délictuelle.

Ça parait évident dans la mesure où elle permet de débiter et de créditer n’importe quels comptes pourvu que l’écriture soit équilibrée.

Une anecdote :

          Une entreprise dont je suivais les comptes et qui s’approchait lentement mais surement d’une mort prochaine a consulté un ponte parisien de la restructuration (comme on consulte un sorcier vaudou quand la médecine est impuissante) et ledit ponte a eu, devinez quoi, une idée d’OD.

Idée qu’il a mise en application en débitant tous les comptes fournisseurs par le crédit du compte capital.

En voilà une OD qu’elle est bonne : plus de dettes, un capital renforcé et une situation nette complètement rétablie.

Pour faire plus réaliste, il a même envoyé une lettre RAR à chaque fournisseur pour lui signifier son entrée au capital et les perspectives heureuses qui en découlaient.

Je ne vous raconte pas la suite mais vous imaginez aisément qu’il n’y a pas eu d’assemblée joyeuse pour fêter cette soudaine association.

Je suppose que le spécialiste de la restructuration a poursuivi sa carrière et que ce type d’OD sévit encore.

Il y a même plus pernicieux, pas plus évolué mais plus difficile à repérer parce que des comptes un peu pléthoriques peuvent cacher assez facilement des opérations douteuses voire délictueuses.

Je sens bien que vous bavez mais je vais vous laisser sur votre faim.

Je vais, quand même, vous « débrider » l’esprit en vous laissant imaginer tout ce qui est possible quand on prend le parti de considérer qu’une OD est possible sur tous les comptes de toutes les classes et que débiter et créditer n’impose qu’une obligation : l’équilibre de l’écriture !  

Allez, je vous fais une concession en vous disant que les OD les plus imaginatives que j’ai rencontrées portent dans la majorité des cas sur des comptes courants débiteurs qui disparaissent ou, mieux, qui passent de l’autre côté et sur des renforcements de capitaux propres miraculeusement étoffés.

Je ne vous dirai pas comment, ce n’est pas mon propos, mais il faut que vous sachiez que ça existe et que la lecture des comptes suppose, pour être efficace, que vous ayez à l’esprit que lesdits comptes ont peut-être été repeints.

Alors, vous qui êtes si curieux des OD, si vous avez un bilan à analyser, commencez par demander le journal des OD, juste pour voir. Et si vous vous apercevez qu’on vous a centralisé la dernière échéance d’URSSAF au crédit du compte courant du dirigeant, n’allez pas plus loin : les comptes sont faux !

Vous voyez bien que vous aviez raison : il y a du mystère dans l’OD !