navire

Je prends des pincettes, des gants et un masque.

Mais je ne peux pas m'empêcher de parler de compta nationale alors que le plus clair de mes écrits concerne la petite compta, celles des petites rivières qui vont au fleuve pour remplir la mer.

Or, il est question de mer, de la compta de la mer, de ses niveaux, de ses marées, de ce qui, au delà de nos rivières respectives, fait que l'ensemble se porte bien , moyennement bien, mal ou tout à fait mal.

Si l'on considère que l'addition de nos flux financiers aboutit à la compta du pays, partons du principe que nos rivières vont à la mer et que la compta du pays détermine la couleur, l'hygiène et la pérennité des flots.

Je regarde, comme vous, une campagne électorale aussi vulgaire que débridée, aussi rocambolesque qu'éthérée, aussi immatérielle qu'idéologique.

Et pourtant, bien que rien ne le laisse deviner au travers des discours, il est bien question de désigner le capitaine, de mettre son bateau à l'eau, de sabrer le champagne et de lui donner pour objet de conduire le navire sur cette mer que nous avons tous façonnée.

Hors, ladite mer est démontée (dans tous les sens du terme), les creux sont plus nombreux et plus profonds que jamais et les "grains" sont quotidiens.

Quant au bateau du capitaine, il racle le fond ou se perche sans filet sur des hautes vagues au fil du laxisme ambiant.

Il me paraît souhaitable (et c'est à mon goût un minimum) que la barre du navire soit confié à celui qui connait le mieux l'état des lieux et qui a conscience des difficultés qui l'attendent.

De là, ma défiance à l'égard de ceux, qui rejetant toute compromission comptable, prétendent apaiser la colère des flots et voguer sur un océan d'huile.

Comme quoi, la compta a aussi son envergure étatique ; voilà qui nous élève et nous fait faire un pied de nez à ceux qui ringardisent notre science.